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Aunors entau Jean-Jaques Curutchet

04/01/2017

Aunors per Jean Jacques CURUTCHET.

L’artiste nous a quittés, il s’en est allé. On sait, on sait pas, on croit, on croit pas, on doute ? Nous, fragiles vivants ; mais il y a fort à parier que tu as retrouvé tous nos autres amis, sur la grande estrade du Paradis des musiciens, là, au fond, à droite, avec les basses. D’ailleurs on ne voit que toi.
Orgueilleux ? Non, bien sûr, mais si fier de porter au dessus de ta tête ce tuyau rutilant de cuivre qui te remémorait les temps, où, rudement tu transportais les tubes de l’industrie pétrolière. C’était ça Jean Jacques : la force et le sérieux du travailleur de peine et la finesse méticuleuse du mélomane. Imaginons un piler de rugby qui ferait de la broderie tout le reste de l’année. Et puis il y avait le rire, démobilisateur, celui qui entraîne, qui dégomme toutes les barrières. Avec les amis chanteurs Pagalhos, dans les années 90, quelques facéties scéniques nous poussèrent à trouver des musiciens qui accepteraient de nous accompagner dans nos sorties. L’ami D Fois de Salies rassembla 4 à 5 téméraires ayant une perception très élastique de la musique… Et puis on mélangea tout, la mesure, les portées, la chanson, l’occitan, les bémols, et ce truc du fond qui battait une mesure redoutable qu’il fallait suivre à tout pris. Et Jean Jacques qui bougonnait : _Ouais les gars, mais moi j’y suis, einh, ho ! E t il avait raison. Il fut le premier tubiste qui accepta de jouer avec l’accordéoniste titulaire des Pagalhos.
Lors d’une inauguration ,pour accompagner son discours , le tonitruant consultant politique Aurélien POMER lui imposa de jouer faux tout au long de la cérémonie avec ses amis des Cuivres du Bayaa. Il se prêtait à tout. Sa générosité naturelle était surprenante. Son compère M Dufau disait , bien sûr, on aura jean Jacques, mais l’avantage avec la famille Curutchet, c’est que quand tu demandes 1 musicien, on t’en sort 5, voire 6 avec la costumière ! Quelle famille !
Jean Jacques était passé partout, dans les harmonies de Bizanos, de Pau, de Lescar, d’Artix… Dans les ferias basques de San Fermin, Bayonne, Hasparren, avec les Xarrangas, tamborradas, en Bearn avec les Copains d’abord au Carnaval Biarnés, à Hestiv’oc, avec l’Harmonie d’Occasion. Ne parlons pas de ses amis Sans Soucis de Bordeaux et tous les autres… Mais son chef d’oeuvre fut la création de Note In Gam. L’association ayant l’objectif de transmettre la musique si vivante aux gamins, le tout couronné par ce festival d’Aussevielle qu’il réussit à monter en remuant ciel et terre. Quelle fête !
Jean-Jacques, nous sommes ici, tous des privilégiés, tellement fiers de t’avoir connu, de t’avoir côtoyé, où simplement d’avoir intercepté un de tes sourires.
Deu mei pregond de la Tèrra bearnesa, d’aqueths parçans de Lons, Borgarbèr, Aussavièla, deus parçans ancestraus deu bascoat, d’Euskal Herria, qu’eth disém Adiu meste musicaire, adiu l’artista, adiu amic.

Arquius

2017